Axe Sud - Ecole supérieur d'arts Graphiques et de Communication visuelle à Marseille et Toulouse

Les Ailes de la créativité !

Il est producteur, dirigeant de société après avoir été graphiste indépendant et diplômé d’Axe Sud. Il aime les voyages, les films d’animation, le graphisme, le théâtre, la technologie, l’art et le management… et surtout l’échange qu’il noue avec tout ce qu’il rencontre, objets, œuvres d’art et surtout l’homme qui les a façonné. Cyril Le Pesant, un homme, des parcours !

Que faites-vous aujourd’hui ?

Cyril Le Pesant : Aujourd’hui, je dirige une société de production audio-visuelle. Une société hybride d’une certaine manière puisqu’elle cumule les services : agence de communication, studio de création, production audio-visuelle... Et nous avons la grande joie d’annoncer le tout début d’une nouvelle épopée, celle de notre premier long métrage d’animation… home made !

 

En sortant d’Axe Sud, comment devient-on dirigeant d’une société d’audio-visuelle ?

CLP : Après mon diplôme, j’ai exercé plusieurs années comme graphiste indépendant. Je travaillais avec d’autres freelances avec qui nous partagions les locaux, les clients, les missions... Les multi-factures sont vite devenues un véritable casse-tête pour nos clients communs. L’un d’entre nous, un ancien diplômé d’Axe Sud, a proposé de nous regrouper au sein d’une structure commune… Ce que nous avons fait finalement. Notre boite a commencé à bien fonctionner, de nouveaux clients, des projets de plus en plus variés…  Et puis, le sort est passé malheureusement par là. Mon associé, gérant, est décédé en 2012 et j’ai pris sa succession, comme lui-même le voulait.

 

Le métier de dirigeant est assez éloigné de votre formation initiale. Comment cela se passe-t-il au quotidien ?

CLP : Notre société emploie principalement des créatifs d’horizons très variés. Nous sommes moins d’une dizaine de salariés dans la société et parlons plus de 10 langues étrangères. Nous travaillons avec beaucoup d’indépendants. Diriger dans un univers où tant de cultures s’emmêlent demande d’avoir une vision fondamentalement créative du management. Mon Background de graphiste me donne de nombreuses clés, en particulier celle de comprendre le fonctionnement des créatifs, personnalités hautes en couleur qui demandent de la confiance. J’ai aussi fait le conservatoire de théâtre, par goût de la mise en scène, du jeu et de la curiosité à découvrir cette autre facette de la créativité.

 

Etes-vous toujours impliqué dans la partie créative des projets ?

CLP : Oui, je suis tous les projets. Même si pour certains, je ne fais que jeter un œil, je partage régulièrement avec mon associé, directeur de création. C’est un fondamental de notre culture d’entreprise : échanger !

 

Créativité rime avec humain ?

CLP : Totalement. Les créatifs sont des personnes sensibles, parfois susceptibles, extrêmement généreuses avec un réel besoin d’attention, d’écoute. Rien de créatif ne peut naître sans leur implication, leurs univers nourris de cultures, d’émotions… Tous nos projets sont des réalisations communes, où chaque personnalité a sa part.

 

Pourquoi avoir nommé votre société Knightworks ?

CLP: Le nom fait référence aux premiers temps de l’entreprise où nous nous surnommions “Nightworkers“… référence aux longues nuits passées à travailler. L’ajout du K est un clin d’œil à la notion de chevalerie. Cette valeur fait aussi partie de notre culture : travailler ensemble, s’entraider, relever des défis impossibles, savoir rire de nous-mêmes... Au delà de cette facette décalée, il est important que nos salariés ou partenaires partagent cet esprit.

 

Quelles compétences recherchez-vous ?

CLP : Régulièrement nous cherchons des partenaires et de jeunes créatifs, motivés, enthousiastes : graphistes et/ou animateurs, 2D, 3D, Concept Art… Notre spectre de recrutement est très large, lié aux projets de notre agence et du studio créatif.

 

Peut-on parler de ce premier long métrage ?

Cyril Le Pesant : Le projet nommé  “Waiting for the butterflies» vient d’être sélectionné par la commission européenne Cartoon Movie en 2016. Une très bonne nouvelle qui nous a permis de lancer un crowfunding sur le site de Kisskissbankbank. Par ailleurs, cette co-production franco-chinoise intéresse un producteur chinois. Ca nous offre de belles perspectives sur le plan financier !

Et de quoi parle ce film ? 

CLP: L’histoire co-écrite par mon associé et moi s’est tissée au fil de nos voyages, de nos rencontres et de celles de nos collaborateurs. Elle s’inspire d’un conte chinois qui reprend les grands thèmes de Roméo et Juliette. Lui est un jeune garçon, un geek qui vit dans un bloc d’HLM. Elle, une jeune fille en rébellion contre son milieu riche et superficiel. Leur rencontre pose la question des fils de sa destinée. Peut-on être maître de son destin ou comment faire éclore ses rêves ? La réponse prend corps au travers d’une application que développe le jeune geek.

 

Petit retour sur le passé… que représente Axe Sud, pour vous ?

CLP : Axe Sud, j’en suis sorti en 2001… Tout a commencé là-bas. J’ai rencontré mon premier associé autour d’une table. Premiers échanges, premiers rêves… Depuis l’école a continué son chemin avec de nouveaux locaux, de nouvelles matières…

 

Ce que vous auriez aimé ?

CLP : J’aurais aimé plus d’informations pratiques sur nos métiers, statut d’indépendant, rémunération… C’est un paradoxe pour des métiers créatifs qui eux-mêmes se façonnent avec le temps, les rencontres, les rêves de chacun, des métiers en perpétuelle reconversion !

 

Un conseil à donner aux futurs diplômés ?

CLP : Se former encore et encore, d’autant plus que cela est grandement facilité par les tutoriels présents sur internet. Certains graphistes se forment seuls. Demain les compétences techniques ne seront plus un critère distinctif. Sa créativité, ainsi que son agilité à passer d’un projet à l’autre le seront. C’est une posture qu’Axe Sud sait développer !

Autre conseil : savoir se présenter à un recruteur, vite et bien. Un mail avec quelques images sélectionnées, deux, trois liens explicites, un texte qui souligne ses univers, qualités, compétences. Si je tombe sur quelques dessins de personnages qui correspondent à mes recherches, c’est évident que je vais le retenir !    

 

Que pensez-vous du secteur audio-visuel ?  

CLP: Un secteur de plus en plus concurrentiel en pleine mutation, avec une production jamais atteinte tant en terme de formats, de multiplicité que de thématiques ! Aujourd’hui, les films sont de plus en plus piratés, par les créatifs eux-mêmes qui en sont les premiers consommateurs. La question du financement se pose : quel business modèle permettra demain de financer la production si les consommateurs “achètent“ gratuitement les films ?

 

Quelle est la place de la France dans ce domaine ?

CLP : La France est reconnue pour ses talents dans le domaine de la création. En Chine et au Japon la création est abordée différemment. Ils sont de très bons producteurs, réalisateurs, dessinateurs - très minutieux, côté Japon, très efficaces côté Chine -, et ont, par ailleurs, un véritable attrait pour la création française. Ici se pose peut-être la question de l’éducation. Est-ce que leur éducation très cadrée, focalisée sur la performance limite l’expression créative née du monde imaginaire de l’enfance ?

 

Quels sont vos sources, sites d’inspiration ?

CLP : Evidemment les voyages, les festivals qui s’entremêlent – je me rends dans de très nombreux festivals et marchés de films : Hong Kong, Taipei, Cannes, Annecy, Lyon, Venise, Shanghai, Hangzhou, Los Angeles… -, les réseaux sociaux dont fb qui me permettent d’échanger avec des artistes, de suivre les tendances émergentes…

Et aussi des sites comme, motionographer, fubiz, behance.net, les bandes démo des graphistes et réa sur viméo, le site spécialisé comme 3DVF ou tout simplement google !

Nous suivons également avec attention le travail des autres studios créatifs.