Axe Sud - Ecole supérieur d'arts Graphiques et de Communication visuelle à Marseille et Toulouse

1, 2, 3... Japon ouvre-toi !

Diplômé d’Axe Sud en 2008, passionné d’informatique et de design, Anthony Scalici, 25 ans, travaille aujourd’hui à Tokyo, dans l’entreprise Wizcorp, rachetée par l’entreprise française Ankama, avec pour objectif de développer des projets de jeux vidéo pour smartphone. Si s’intégrer dans le monde professionnel japonais représente un sacré challenge, il avoue même y prendre du plaisir. “La curiosité et l’éclectisme étant la base de toute créativité, alors fonçons !”

Quelle est votre fonction chez Wizcorp ?

Anthony Scalici : Je suis actuellement Lead Designer et Product Manager chez Wizcorp, Ankama à Tokyo. Depuis mon arrivée dans cette entreprise japonaise en 2008, mon travail consiste à concevoir l’architecture et les visuels graphiques d’interface de jeux, mais aussi à réaliser certaines animations et effets spéciaux de part mon expérience d’animateur 2D. En plus de mon métier de designer, je suis en charge de plusieurs tâches de management. En premier lieu, je m'occupe de diriger les équipes créatives en veillant à la qualité du design et des animations dans les jeux. En second plan, je m'assure quotidiennement de l'avancée de l'équipe des programmeurs et du respect du planning établi. Enfin, je tâche de vérifier en amont que les producers fournissent toutes les informations nécessaires aux autres équipes afin que la progression du projet soit constante. En fin de journée, je rends compte de l'évolution de la situation à mes supérieurs sous forme de rapports.

Comment se passe une journée de travail au Japon ?

AS : Dans mon entreprise, nous suivons des méthodologies de production flexibles et itératives, dites “Agile”. Toutes les deux semaines, nous discutons et planifions en amont avec les producers les tâches à accomplir. Chaque membre de l’équipe organise ensuite son temps de manière autonome autour des tâches qui lui sont assignées.

Anthony Scalici

Disposiez-vous d'une expérience professionnelle conséquente pour vous intégrer aussi rapidement dans une entreprise japonaise ?

AS : Diplômé en 2008 d'Axe Sud, j'ai débuté en tant que graphiste maquettiste avant de travailler comme directeur artistique et animateur Flash dans la filiale Isobar Interactive du groupe Aegis Media pour le compte de gros clients comme BMW, Adidas, ou encore Jean-Paul Gaultier. Cette expérience intense et justement très formatrice m'a permis de faire mes premières armes et d'intéresser mes employeurs actuels. Aegis Media est en effet, un grand groupe publicitaire reconnu dans le milieu.

Comment avez-vous trouvé cette opportunité de travailler au Japon ?

AS : Je suis arrivé au Japon avec un visa vacances-travail qui, comme son nom l'indique, octroie le droit travailler sur le territoire pendant la période d'un an. Quatre jours après mon arrivée à Tokyo, j'ai rencontré, via l'entremise d'un ami, un des employés de l'entreprise Wizcorp. Après avoir sympathisé, ce dernier m'a confié qu'ils recherchaient un designer dans les délais les plus brefs. Puis tout est allé très vite : dès le lendemain, grâce à son appui, je passais un entretien d'embauche avec les deux patrons, la semaine suivante, j'étais à mon bureau.

Est-ce difficile de s'intégrer dans ce monde professionnel ? La langue, la culture, comment dépassez-vous ces "obstacles" ?

AS : Je travaille dans une entreprise internationale où l'on parle la langue de son interlocuteur. Dans la même journée, je parle japonais, anglais et français (car il y a quelques francophones !). Pour s'intégrer, il suffit d'être ouvert et de savoir s'adapter. Le respect mutuel en est la clé. Tout cela doit se faire de façon naturelle selon moi. Je n'ai jamais vécu les différences culturelles comme des obstacles, en particulier dans le milieu professionnel. Bien au contraire. Ce sont des challenges... et c'est aussi ce qui me fait vivre !

Comment les Japonais considèrent les graphistes français ?

AS : Un graphiste ou DA étranger doit savoir s’adapter au marché dans lequel il travaille. Au Japon, la Direction artistique d’un projet sera confiée plus naturellement à un Japonais, ce qui est assez logique. Dans le domaine du jeu vidéo, il nous arrive de travailler sur des projets qui ciblent des marchés étrangers, dont l’occident. Dans ce contexte, l’œil d’un « graphiste français » va trouver son intérêt.

En quoi la formation Axe Sud vous aide dans votre parcours professionnel ?

AS : Axe Sud m'a rendu curieux. C'est en découvrant toutes les disciplines qu'offre la formation que j'ai pris conscience que l'éclectisme est la base même de la créativité. Par ailleurs, l'enseignement spécialisé des professeurs de l'école m'a appris à assumer et justifier mes choix artistiques. C'est une arme véritable car dans le monde du travail, le hasard n'a pas sa place.