Axe Sud - Ecole supérieur d'arts Graphiques et de Communication visuelle à Marseille et Toulouse

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Nouveaux périples de Sophie Ladame

Cela fait 19 ans qu’elle a quitté l'école Axe Sud et qu’elle sillonne le monde et le dessine au travers de carnets de voyage, de dessins... Dernier projet en date : une BD avec la mer en toile de fond évidemment ! Deux éléments conjugués qui font qu’un détour par Marseille s’impose avec à la clé, un workshop sur l’île du Frioul avec la section BD/Illustration d’Axe Sud.

Q. : Comment s’est passé ce workshop avec les étudiants ?

Sophie Ladame : L’exercice était délicat et les étudiants se sont prêtés au jeu avec plus ou moins de retenue. Certains ont très vite commencé à dessiner à la plume, au stylo, aux feutres… sans s’arrêter aux premiers ratés ! Réaliser un carnet de voyage est par définition un exercice de liberté avec l’idée de choisir, de s’arrêter sur ce qui nous interpelle, nous émeut. Là, le topo était le même pour tous avec les mêmes escales. 

Section BD/Illustration Axe Sud

Q. Quelle qualité est fondamentale pour cet exercice ?

S.L. : L’exercice demande de muscler et d’affiner son observation afin de savoir dessiner sans retouches. Il n'y a pas de palette graphique à disposition dans cette discipline. Juste un cahier, quelques feutres et quelques instants pour saisir la scène, sa poésie, l’histoire qui se joue. L’observation demande de capter la réalité sans vouloir l’interpréter… ce qui n’est pas toujours évident pour des auteurs de BD qui cherchent leur marque de fabrique. C’est apprendre à représenter les couleurs, les lumières, les formes telles qu’elles se présentent sous nos yeux. Ne rien inventer, juste regarder, s’imprégner totalement du sujet. 

 

Q. Quel conseil donnerais-tu à ces futurs professionnels ?

S.L. : Ne jamais oublier les bases du dessin et y revenir même après 20 ans de métier. A peine rentrée de cet atelier au Frioul, j’ai repris toute ma BD sur laquelle je travaille actuellement avec cet angle de vue. Une Méthode infaillible pour découvrir toutes les erreurs techniques !

 

Q. : Pourquoi s'être lancée dans l'aventure de la BD?

S.L. : Après une dizaine de carnets de voyage, j’ai éprouvé l’envie d’explorer de nouvelles formes artistiques. Le projet de BD est tombé à point nommé. L’histoire que j’ai choisie de raconter est celle d’un huis clos qui se déroule sur l’archipel de Chausey. Une terre dure, triste, mélancolique, ventée et battue par de grandes marées. Ce lieu austère entouré d’eau crée des ambiances fortes mises en exergue par des doubles pages, sans texte. Un univers qui porte une histoire universelle, celle des marins… En janvier 2018, vous en saurez un peu plus puisque c'est la date de sa publication (ed. La Boite à bulles)

 

Q. Quelles difficultés as-tu rencontré dans ce projet ?

S.L. : J'avais participé comme bénévole à la création de mises en scène pour des expositions organisées par le festival de la BD Quai des Bulles, une première expérience qui selon moi, m'ouvrait les codes de cet univers. Malgré cela, je me suis sentie redevenir novice en particulier en terme de narration. C'est un pilier incontournable de la BD et délicat à appréhender.

Par ailleurs, la disciple de la DB est totalement différente de ma précédente activité. Je dois rester des heures à ma table de travail. 

 

Q. Est-ce que cela sonne la fin des expéditions et des carnets de voyage ?

S.L. : J’ai un autre projet de BD, plus ambitieux, mêlant des lieux, des époques et des personnages très différents. La BD représente une forme d’escale entre deux carnets de voyage, le temps de retrouver la saveur et l’innocence du regard. Tout dessin, toute illustration se nourrit de l’émotion ressentie, partagée, une imprégnation parfois vive, parfois lente, résistante face aux lieux, aux personnes rencontrés pour la première fois… C’est quelque chose de très complexe à expliquer aux étudiants. Pour cette raison, j'ai eu envie de leur faire partager cette expérience du Frioul, face aux éléments, sous le soleil… Le dessin n'est pas une vision statique d'un instant, avant tout des sensations, des histoires personnelles et universelles entremêlées dans un lieu… Oui, je vais repartir !

 

Q. As-tu déjà un prochain carnet de voyage en vue ?

S.L. : Il y en a un en cours de réalisation sur Pétra en coopération avec une archéologue. Ce carnet de voyage repart sur les traces des explorateurs du XIXe siècle. J’ai réalisé des illustrations au même endroit, avec les mêmes perspectives que celles réalisées par ces explorateurs. L’archéologue, ancienne rédactrice en chef d’Ushuaïa enrichit les illustrations avec l’histoire de cette cité nabatéenne, aujourd’hui classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

 

Q. Une autre facette de ton métier est de participer au tournage de documentaires. Qu’est-ce que tes illustrations apportent ?

S.L. : Le dessin apporte un côté onirique et humain. Le spectateur prend ma place plus simplement, il s’intègre dans l’histoire qui se joue devant lui. Lors du tournage réalisé au cœur du Sahara Tchadien avec Nicolas Hulot, j’ai dessiné une fresque de chevaux volants peinte par les premiers Sahariens. J’étais là, à leur place, avec sous mes yeux ce qu’ils voyaient, les roches, le sable, cet immense panorama. De là, un saut à faire dans le passé pour redonner au Sahara ces couleurs d’antan, du vert, du bleu… Une perspective qui nous relie à ceux qui nous ont précédé… et peut-être à ceux qui nous suivront…

 

Q. Après le tournage, que deviennent ces dessins ?

S.L. : Certains sont dans des cartons… en voici, quelques-uns extrait du documentaire réalisé au coeur du Sahara Tchadien... en exclusivité !

 

Sophie Ladame

 

Illustration Sophie Ladame

 

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