Axe Sud - Ecole supérieur d'arts Graphiques et de Communication visuelle à Marseille et Toulouse

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« Nous ne sommes pas des Artistes ! »

Derrière cette allusion, Benjamin Bernard, diplômé d’Axe Sud en 2000, aujourd’hui fondateur associé de Marsatwork dévoile la véritable teneur de son métier de Directeur Artistique (DA) : de très nombreuses contraintes clients auxquelles seule une culture forte en images, communication visuelle, technologies digitales peut répondre de manière adéquate et créative. Tout un Art !

QUESTION : Pourquoi avoir choisi des études de graphisme et de communication visuelle ?

Benjamin Bernard : Si après mon bac, je me suis lancé dans des études de droit, je me suis très vite réorienté. A cette époque, le dessin, le graphisme, l’image et l’édition me passionnaient sans pour autant pouvoir les considérer sous un angle purement professionnel. La rencontre avec François Garcia-Panzani et Axe Sud a vite changé ma vision des choses.

 

QUESTION : Comment créer son agence, à peine sorti de l’école ?

Benjamin Bernard : Ce sont d’heureux concours de circonstances ! Alors en dernière année à Axe Sud, j’ai commencé à travailler avec deux amis dont l’ambition était de développer un concept américain encore inédit en France : établir des panneaux publicitaires dans les toilettes et vendre ce support aux annonceurs. Ce projet m’a mis le pied à l’étrier plus vite que prévu. Outre la réalisation de l’identité visuelle et des outils de prospection, j’ai dû réaliser nombre d’affiches et prospectus pour les restaurants que nous démarchions. Ces travaux sont venus tout naturellement enrichir ma présentation lors du diplôme.

En final, l’idée a choqué plus que séduit nos clients… une bonne raison pour revoir les objectifs de notre agence et nous concentrer sur le graphisme et le motion parce que nous avions toujours voué un culte aux designs des pochettes de disques, aux clips de Michel Gondry, de Chris Cunningham, de Spike Jonze, au cinéma indépendant, aux jeux vidéos et aux magazines japonais. Si les débuts ont été fastidieux – démarches administratives, création d’un réseau, etc. -, la nouvelle agence a trouvé ses clients et peu à peu embauché, un commercial en 2005, puis des graphistes, des chefs de projet... jusqu’à entreprendre cette démarche de fusion avec TINA et créer Marsatwork en 2010 qui compte 38 personnes aujourd’hui.

 

QUESTION : Quel est votre rôle au sein de Marsatwork ?

Benjamin Bernard : Le studio de création compte 8 personnes plus les free engagés en fonction du type de projets. Mon rôle comme Directeur Artistique est de donner des directives, élaborer les stratégies créatives, mais aussi suivre la production ce qui me demande beaucoup de temps. A l’heure actuelle, je travaille sur tout type de dossiers (édition, print, communication digitale) puisque Marsatwork est la seule agence indépendante à Marseille à posséder un pôle stratégique et digital. Ce domaine encore très méconnu offre de multiples possibilités qu’il faut ajuster à chaque problématique. Un vrai terrain d’expérimentations  qui demande de bien connaître ses limites. Moi-même doit savoir m’entourer des personnes compétentes pour proposer la réponse créative qui fonctionne.

 

QUESTION : Aujourd’hui, face à des étudiants en communication visuelle, que leur conseilleriez-vous ?

Benjamin Bernard : Même si ce métier naît d’une passion à l’origine, ce n’est rarement le cas dans la réalité professionnelle. Savoir utiliser des logiciels de graphisme reste un aspect technique secondaire. Rien ne remplacera la culture visuelle, la capacité à décrypter une image, à comprendre sa structure, son équilibre. L’exécution se nourrit de son expérience, de sa réflexion, de la connaissance de l’univers pour lequel on travaille. Nous ne sommes pas des artistes, nous travaillons pour des clients à qui nous ne pouvons rien imposer. Eux, en revanche, nous imposerons leurs valeurs, leur univers, leur personnalité, leur problématique… que des contraintes dans lesquelles nous devons nous éclater ! Quelque soit l’univers du client, il a besoin de se sentir unique, choyé par son agence de communication. Les étudiants doivent s’investir dans chaque projet même s’il n’est pas glamour à leurs yeux et chercher à comprendre la problématique. Sans ce travail d’imprégnation, ils font fausse route et ne découvriront pas la passion que tout dossier recèle !

 

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